La librairie Helluin, c’était mon repère, notre point de ralliement familial. J’y laissais à Serge et Valérie notre fils tout bébé dans son couffin pour aller faire des courses. Notre fille est née à temps pour en respirer l’atmosphère, alors que déjà se dégarnissaient les rayons avant la fermeture. Cette atmosphère sui generis de bois, de livres anciens et modernes, d’échanges avec des clients que je croisais rituellement dans cette librairie - et que je n’ai plus jamais revus-, de bienveillance malicieuse, d’érudition et de passion modestes, est restée vivace en moi. La librairie Helluin, c’était LA librairie selon mon cœur, et Serge en était le bienfaisant génie, et même si depuis nous ne sommes vus que de loin en loin, il fait partie de ma mythologie personnelle. Pierre l’a précédé, bien trop tôt,  il y aura bientôt deux ans. J’espère qu’ils ont déjà, au royaume des hommes de bien, repris leurs conversations amicales. Qu’entourés des auteurs qu’ils aiment l’éternité leur soit douce.