Bref. Il y a un mystérieux et émotif sniper en camping-car, qui dégomme méthodiquement - au début sans les tuer – des flics choisis semble-t-il au hasard, qui envoie des « anonimails » aux accents bibliques et anti-communistes, et s’indigne de la clôture d’une enquête criminelle sur la mort d’une jeune et brillante avocate, Hanneke Sloet, laquelle enquête Benny est chargé, en urgence, de rouvrir. Ce qu’il fait, et tout ce qu’il en tire est un sentiment d’insondable incompréhension. Et puis il y a, autour d’Hanneke, justement, avocate d’affaires, un imbroglio politico-financier, et peut-être sentimental, qui interdit toute naïveté quant à la façon dont sont tirées les ficelles des vies minuscules par les « grands » de ce monde.

C’est très bien mené, montage cut, scènes en compagnie du sniper, scènes d’enquête. Le narrateur est omniscient et habile. Les personnages principaux ont une épaisseur qui les rend attachants, Benny, en particulier, engoncé dans ses problèmes d’estime de lui-même et leurs conséquences professionnelles, familiales et sentimentales, ou l’inspectrice Mbali Kaleni, plombée par une mésaventure survenue à Amsterdam et l’hostilité quelque peu machiste de quelques-uns de ses collègues. J’y ai découvert un nouveau mot : l’adjectif « forensique », dont voici la définition, et je sais bien que ma prochaine lecture de Déon Meyer – Treize Heures – n’attend plus rien d’autre qu’une occasion favorable. Où donc ai-je croisé ce bouquin ?