Convolvulus
La blanche neige Les anges les anges dans le ciel L'un est vêtu en officier L'un est vêtu en cuisinier Et les autres chantent Bel officier couleur du ciel Le doux printemps longtemps après Noël Te médaillera d'un beau soleil D'un beau soleil Le cuisinier plume les oies Ah ! tombe neige Tombe et que …
Tes yeux. Immenses. Ton regard doux et patient où brûle ce feu qui te consume. Où sans relâche la nuit meurtrit ta lumière. Dans l’âtre, le feu qui ronfle, et toi, appuyée de l’épaule contre le manteau de la cheminée. À tes pieds, ce chien au regard vif et si souvent levé vers toi. Dehors, la neige …
Il y avait Speak, Memory, de Nabokov, que je n’ai pas encore lu, d’ailleurs. Et puis j’ai trouvé sur le bureau de mon frère Memory tout court, un Westlake récent dont j’ignorais l’existence, y compris en anglais – c’était un inédit, semble-t-il. En français Mémoire Morte , bien traduit par Gérard …
Tiens, c’est bizarre, si c’est bien la cathédrale de Limoges qu’on aperçoit du quai de la gare – j’en ai un souvenir, mais c’était à pied et côté face -, ils ont dû la trouver trop sombre – ainsi était-elle dans mon souvenir – alors ils ont collé une sorte de rubixcube vertical le long de la paroi …
C’est un tout petit livre, un vrai poche de poche, une centaine de pages, une bonne heure de lecture. C’est François qui m’en avait parlé, mais il n’était pas à la bibli, où de Tibor Déry je n’ai pu emprunter que Monsieur G. A. à X ., une brumeuse et angoissante utopie urbaine, que faute de temps …
Ça y est. Je suis allée voir Alceste à bicyclette , au MK2 Bastille, une petite salle avec sortie sur la rue, on ne voit plus ça, en province... Il y a eu une avalanche de bandes-annonces, telle qu’on en perd aussitôt le souvenir et le désir de voir les films. Mais pas de pubs. La salle était …
On est arrivées au Gaumont Mistral, à Alésia, dix minutes trop tard pour Alceste à bicyclette . Alors, pour ne pas repartir bredouilles, et pour rester dans une histoire de vélo, on est allées voir Wadjda. C’est une fillette de dix ans, ensachée comme toutes ses camarades dans une ignoble robe …
Passer de Stefansson à Shalom Auslander, c’est un exercice de grand écart particulièrement acrobatique. C’est passer d’un lyrisme habité par le sens de la beauté du monde et de la dignité de l’homme à un déluge grinçant, grimaçant, fulminant, de dérision désespérée et de misanthropie radicale. Loin …
J’ai appris à habiter le souffle qui sortait de ma bouche. Cela s’appelle habiter une langue. C’est mon asile sûr. Celui où je me sens vêtue. J’entre dans un mot comme au creux d’une grotte creusée par d’autres, où je peux vivre, moi aussi. C’est cela une langue maternelle. C’est une maison qui …
Un antique traité de médecine arabe affirme que le cœur de l’homme se divise en deux parties. La première se nomme bonheur, et la seconde, désespoir. En laquelle nous faut-il croire ? « Si la neige est la tristesse des anges, la neige fondue est le crachat du démon, tout est mouillé, alourdi, la …