A merveille. A peine entrée dans le livre, j’avais le sourire aux lèvres et les larmes aux yeux. J’ai adoré l’histoire du « Mahouss Brochet » (The Girt Pike) et l’amour éperdu et muet du jeune Robert pour la blonde, gracieuse, et éphémère Mrs Rendall. Ou les conversations par ricochet de John le jardinier, Alan l’étudiant et Sylvie la cavalière avec l’araignée Georges. Il y a des histoires très sombres aussi, comme Cette Belle maison, ou, sous la futilité apparente, Lapin. Quant aux deux épisodes de ce qui est traduit comme « Grand Couillon », j’y ai tellement détesté Mr Chittock que j’ai dû abandonner un moment ma lecture…

J’ai retrouvé en fait dans cet ouvrage quelque chose de Jørn Riel. Le goût de conter, et les personnages récurrents qui assurent le liant de l’ensemble, et dont les liens entre eux – et avec nous, lecteurs - se tissent plus étroitement au fil du temps et de l’histoire. C’est un ouvrage sans prétention, et pourtant rigoureusement construit, plein de nostalgie et d’humanité lucide. Très différent de la trilogie sud-américaine que j’avais il y a longtemps dévorée et jamais chroniquée. Même si, en somme, on y retrouve, autrement, le réalisme – et la magie. Celle des lieux, celles des êtres, celle des mots.

Où l'on remarquera que l'édition anglaise est beaucoup plus joliment fantaisiste que la française.