Il y aussi et heureusement l’empreinte des contes de maman Blanche, sa première mère d’adoption qui a su imprimer en elle l’amour, l’estime de soi, le goût de la langue et du dessin, qui a su voir en elle un être « unique », maman Phrasie et sa tendresse culinaire pour sa « pour’enfant », ou Paupiette, l’incroyable « bohémienne, nabote et obèse » aimée au premier regard, dans la boue d’une bagarre, pour sa vitalité, sa verve robuste, son honnêteté humaine.
Et puis la rencontre après-guerre avec Samuel-Alexandre Szczupak, « Napoléon » aventurier, souple, rigoureux, élégant, résistant, homme politique, avocat, pénétrant et perspicace, et pour Yvette à la dérive, « duègne », puis sauveur de celle qu’il avait rebaptisée tendrement et poétiquement « Air Bleu ». Et peu après, l’époux d’une vie. Leur fils Ariel a consacré deux sites à l’histoire et à l’œuvre de sa mère, peintre et poète. Auxquels j’emprunte ce beau portrait d’Yvette en héroïne à la Cocteau de l’unique film écrit par René Char et produit par Yvonne Zervos : Sur les hauteurs.
Comme aussi le bois gravé de 1970 où s’invente « la famille qui ne fut pas » et la réunion rêvée mais jamais accomplie des cinq enfants Thomas-Launay, rêve et douleur inapaisés qui sont, aussi, à l’origine de ce livre.
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