Lecture assez réjouissante, avec ce curieux style répétitif, radoteur presque, qui procède par agglutinations de formules répétées et enrichies selon le principe de la boule de neige ou de la bille de fumier du stercoraire - et une solide pratique de la digression autobiographico-rétrospective, comment dire ? enchâssée mine de rien dans la phrase. L’ensemble est fielleux, vindicatif, égocentrique, spirituel … et puéril.
Trois des « discours » prononcées à l’occasion de ces remises de prix figurent à la fin de ce mince volume Gallimard - Du Monde Entier. Il s’y manifeste un talent évident pour la vaticination fulminante, à moins que ce ne soit pour la fulmination vaticinante.
Il s’agit d’une œuvre posthume, entamée dans les années 80, achevée en 88.
Finalement, je relirai peut-être une fois ou l’autre du Thomas Bernhardt (La Cave, par exemple, qui lui valut ce si chaleureux prix de la Chambre fédérale de commerce de Salzbourg). Le voyage s’en est mieux passé – judicieusement tenu, le bouquin occultait pile l’écran du golfeur – ça m’a amusée et ça m’a mise en appétit.