Passagère du silence, Fabienne Verdier - « mademoiselle Fa », on dirait un nom de conte, et sur une photo son énorme pinceau plus grand qu’elle évoque qui sait quelles sorcelleries ? - à travers l’abandon, le dénuement et les rencontres, apprend progressivement les règles et les gestes d’une ascèse artistique qui va la conduire sur les sentiers de sa propre création, celle de « l’unique trait de pinceau » qui, d’un chaos tournoyant fait naître la juste expression de soi comme l’accord avec l’harmonie du monde, sur fonds d’étoffes somptueusement chatoyantes. Entre calligraphie et abstraction.

Le personnage, dans sa radicalité, est saisissant. À lire son récit, on découvre une Chine familière et infiniment diverse, complexe, insaisissable. Des êtres, des modes de vie et de pensée. Autres, et pourtant accessibles, au moins en partie. Rien de doctoral ni d’exhibitionniste dans ce propos, le simple désir de transmettre une expérience et des rencontres, de jeter des ponts fragiles entre Occident et Orient, entre les arts, entre les gens. C’est un beau livre.