C’est donc une histoire de faussaires, de reflets, de faux-semblants… c’est très brillamment composé, très érudit. Mais la chair n’y est présente que pour y être, en quelque manière, triturée, torturée, dégradée, entre autres au cours des scènes de baise (Miki dispose dans ce domaine d’un riche lexique de synonymes de préférence orduriers) où les femmes ne sont là que pour endurer la hargne sadique du personnage. Comme si la relation sexuelle était le lieu de l’affirmation d’un pouvoir qui en toute autre circonstance de la vie se muait en impuissance, y compris celle, physique, qui menace le quinquagénaire dont le corps se défait. En gros, l’espace de quelques secondes pendant les quelque trois-cents pages du roman, on lit le monde selon un type sur le retour, que la suite de ses échecs, professionnels, artistiques, personnels a rendu particulièrement aigri et grinçant. Alors, on peut admirer la prouesse littéraire. Mais sans cette excitation de plaisir que donne un livre riche et généreux. Dommage.