
On l’aborde à travers les grilles, le ‘chevalier inexistant’, hiératique et rouillé sur la grande pelouse qui tient lieu de parvis au château. Déjà, à droite, plus loin, le regard découvre d’autres sculptures, le duo de treillis conversant, nonchalant, dans son hémicycle de buis, l’essor dansant d’un couple – le même ?- arqué vers le ciel. Petit château de briques sans coins de pierres qui, dès les grilles, saisit, fait battre le cœur d’un sentiment, d’emblée, d’harmonie.
On franchit les grilles sur le chemin de graviers et l’on salue, de loin, comme si on les reconnaissait, l’arabesque du harpiste comme un L majuscule griffant le fond des arbres, une jeune femme nue surgissant à l’angle du château, un taureau, un cheval puissants au détour d’une cour voisine. Silence peuplé.
Et puis on entre : blancheur, clarté, lumière.
Le va-et-vient, l’osmose de la nature et des œuvres, intérieur/extérieur, reflets, éclats, résonances.
Visages de bronze, chevaux affrontés, galop des terres cuites… Un choc. L’immense corne de bois clair qui vous accueille, caryatide campée au sol, effleurant le plafond, féminité sinueuse, hanches, fesses, dos, fusion de la matière et de la forme, du végétal et de l’humain, bénitier où repose, terrestre, une sphère de plâtre gercé et poli à la fois. Maternité végétale, géniale géante mue ensemble par sa base drapée, marche dansante, et par le jaillissement inspiré de sa corne.
Intense harmonie de l’élément saisi dans son essence, de la forme révélée par le geste du sculpteur, du polisseur, beauté vrillante qui attache le regard, qui appelle la caresse. Incarnation. Épure.

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