Pour ce qui est des personnages en revanche, c’est un peu sommaire, idem pour la construction narrative. Quant à la vraisemblance, même si l’on est captivé par l’aventure intellectuelle que représente le déchiffrement de l’énigme, on peut s’interroger sur les interminables courriers adressés par Pison-oncle à Pison-neveu, dans lesquels il narre scrupuleusement les moindres détails des différentes conjurations auxquelles sa haine de Néron l’a amené à participer, dont celle de Pison, justement, un autre membre de la famille, conjuration narrée par le menu dans les Annales de Tacite. Adressés par un homme surveillé par la police à un représentant de l’état à l’autre bout du monde… ils bénéficient d’une singulière cécité de la part des sbires de Tigellin, non ?
La lecture de ce roman n’est pas désagréable. On y apprend des tas de choses, on y révise son histoire de la Palestine et des débuts du christianisme. Mais la trame romanesque y est trop visiblement un prétexte à l’exposé d’une théorie sur ledit carré magique, la pierre apporté par l’auteur à l’édifice des interprétations (d’où la surabondance des notes et des références). Proposons à notre tour une lecture du mystérieux « arepo » de la deuxième ligne, clé de voûte du mystère dont Publius ne propose qu’une interprétation anagrammatique tardive : selon le principe de l’anagramme, on peut aussi en faire « apéro », non ? Et de Sator (en latin, « le semeur », manière de désigner Dieu), une bonne lecture d’été entre deux pastis - sous le mûrier, face à la vallée en proie aux caprices du temps estival^^…
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